Olympus E-PL1 : le test

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L’Olympus E-PL1 a déjà fait l’objet d’un compte-rendu de prise en main à l’occasion de sa présentation le 4 février dernier (voir ICI). Ce test terrain a donc pour objet de permettre de se faire un avis sur le comportement de celui-ci en action.

Lors de sa présentation, Olympus a indiqué que ce nouveau PEN, toujours avec son capteur reflex, se destinait en priorité aux utilisateurs de compacts souhaitant une meilleure qualité d’image sans toutefois se tourner vers un système reflex pouvant être perçu comme relativement intimidant de par son encombrement et de par son ergonomie.

Cette review va ainsi tenter d’établir si l’E-PL1 peut effectivement satisfaire les utilisateurs de compacts visés. Pour ce faire, nous avons profité d’un voyage de Komm à Venise pour confier cet E-PL1 à Camille qui possède un compact Casio. Justement désireuse d’améliorer la qualité d’image de ses photos, ce test tombait à pic pour une mise en situation.

 

Prise en mains

A l’instar d’un E-P1 ou E-P2, l’E-PL1 est effectivement plus petit qu’un reflex mais sensiblement plus encombrant qu’un compact. Ainsi quand un Olympus µ-9010 pèse 171gr en ordre de marche, un E-PL1 (345gr) et son 14-42/3.5-5.6 (133gr) sont proches des 480gr. Et si un compact peut rentrer dans une poche de pantalon, ça ne sera pas le cas de l’E-PL1 avec son objectif. L’E-PL1 se portera plus naturellement avec sa courroie… comme un reflex donc mais tout comme l’E-P2, l’E-PL1 sait se faire oublier et le porter à l’épaule ou au cou n’est vraiment pas un problème même pour un utilisateur venant d’un compact. Par ailleurs, la préhension est particulièrement bonne, surtout comparé à un compact. Enfin, côté design c’est clairement un succès : son style un peu rétro fait mouche, d’autant plus qu’il est servi par une excellente "qualité perçue".

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En revanche, à la différence de l’E-P2, l’ergonomie de l’E-PL1 rappelle clairement celle d’un compact. Ainsi, hormis la molette de modes PASM/iAuto/Filtres artistiques/Scènes/vidéo au sommet du boîtier, il n’y a pas de molette mais uniquement des touches. On peut s’interroger sur ce choix dans la mesure où les compacts Olympus 2010 de la gamme µ et SP (pas les FE ni les tough) ont de leur côté adopté une molette (au fonctionnement limitée certes, comme le révèlera notre prochain test du SP-800UZ). Le trèfle est malgré tout amplement suffisant pour un usage courant et ne déroutera pas les utilisateurs venant des compacts, en particulier en mode iAuto. D’ailleurs, Camille n’a pas trouvé l’absence de ces molettes particulièrement gênante et la navigation était très fluide avec les boutons. Même dans les modes manuels, on arrive plutôt bien à régler les valeurs du couple ouverture/vitesse à l’aide de ces mêmes boutons.

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Le nombre de touches est malgré tout assez limité de sorte qu’il peut-être nécessaire d’activer un écran "infos" pour accéder à certaines fonctions (pas de touche AEL, pas de touche ISO, pas de touche IS, etc.).

La prise en main del’E-PL1 est agréable. L’E-PL1 n’a pas la finition métal de l’E-P2 mais sa qualité de fabrication ne souffre guère la critique (comme souvent chez Olympus d’ailleurs) : les plastiques utilisées sont de qualité, tout comme les assemblages. L’E-PL1 dispose en outre d’un grip plutôt confortable. On retrouve le rapport encombrement/poids très agréable des PEN de sorte que la manipulation du boîtier n’est pas forcée, pas lourde, tout en restant assurée. Comparé à un compact, la prise en main est plus agréable (surtout par rapport aux "bijoux", pour lesquels il s’agît souvent plus d’une prise entre les doigts) et met plus en confiance.

L’allumage est rapide comparé à un compact. En une seconde, l’E-PL1 est prêt à prendre une photo. En revanche, l’éclairage du bouton on/off qui permet de savoir si l’appareil est sous tension est tout simplement inutilisable en plein soleil. Si l’on peut évidemment juger de l’état de l’appareil via son l’écran, une fois l’appareil au cou, on a toujours un doute un peu désagréable…

Les menus sont classiquement Olympus… Mais on retrouve les écrans "infos" très pratiques et rapides à utiliser. L’écran "infos" que l’on trouve dans les reflex de la marque est disponible dans l’E-PL1 mais il faut aller l’activer en allant le chercher dans le menu. C’est un peu compliqué mais on ne le fait qu’une fois et l’écran info disponible "par défaut" est déjà parfaitement complet et tout aussi rapide.

La visée s’effectue par l’écran mais l’excellent viseur VF-2 décrit dans notre review de l’E-P2 ICI est disponible en accessoire (229 €). L’écran d’une diagonale de 2.7’’ est plus petit que sur l’E-P2 (3’’) mais il est tout aussi fluide. L’écran de l’E-PL1 est donc agréable même si viser le soleil dans le dos n’est pas forcément facile (mais nous retombons sur un mal qui touche tous les compacts). L’écran de l’E-P2 nous paraît meilleur sur ce point. Malgré tout, Camille aurait trouvé naturel d’avoir un viseur : il est vrai que certains pourront intuitivement porter l’appareil à l’œil tant on aurait bien vu un petit viseur intégré en dessous du flash ! Peut-être cela est-ce dû à l’impression "pro" (comparé à un compact) que dégage l’appareil par son design (on dirait un peu un télémétrique) ou son encombrement plus important qu’un compact.

 

Sur le terrain

Dans la rue, on retrouve l’avantage significatif du compact déjà évoqué lors de nos deux tests terrain de l’E-P2 : la discrétion ! En effet, le niveau sonore au déclenchement de l’E-PL1 certes plus élevé qu’avec un compact est bien moins important qu’avec un reflex. Enfin, la nécessité de viser à l’écran comme avec n’importe quel compact est aujourd’hui nettement plus "accepté" et rend l’utilisation de l’E-PL1 plus discrète. Et en tout état de cause, le fait de pouvoir greffer un viseur performant est un vrai plus en termes d’évolutivité !

Si le système pour replier l’objectif est intéressant pour la compacité du système et donc son transport, certains pourront le trouver très malcommode. En effet, on doit pousser un loquet pour le mettre en position ouverte mais ce même loquet n’a aucune utilité pour le replier. Ainsi, on perd du temps lorsqu’on l’ouvre et on a tendance à le replier par erreur ! L’inverse eut été plus logique et on en vient à regretter un zoom un peu plus gros mais classique et mieux fini…

Côté AF, bien que l’on soit globalement au niveau de l’E-P2, cela n’a pas empêché Camille d’être déçue : elle attendait bien plus rapide en particulier comparé à un humble compact Casio. Rien de totalement insupportable mais l’AF de l’E-PL1 n’accroche pas tout de suite (alors que l’AF d’un compact comme le Casio n’a pas à gérer les mêmes contraintes de précision qu’un appareil avec capteur nettement plus grand). C’est un point sur lequel Olympus doit encore travailler. Attention, ce test a été réalisé avant la mise à jour du 22 avril 2010 qui doit notamment améliorer les choses de ce côté.

Une des nouveautés de l’E-PL1 est son mode iAuto. Ce mode n’est pas nouveau en lui-même : il s’agît d’un mode qui va choisir le meilleur programme scène en fonction de la situation photographiée. On retrouve ce mode sur les compacts de la marque et c’est certainement le mode qui sera privilégié par les utilisateurs novices. La nouveauté consiste dans l’interface très didactique et pédagogique de ce mode : le "guide intuitif" (page 18 du mode d’emploi). Ce guide intuitif permet en effet de procéder à des réglages de certains paramètres (saturation, balance des blancs, exposition, ouverture, vitesse) via des icônes et en déplaçant un curseur dans des barres de niveaux. Ainsi, on peut par exemple régler un "arrière plan plus flou", ce qui a pour effet réel d’ouvrir le diaphragme pour réduire la profondeur de champs. Les résultats sont alors immédiatement visibles à l’écran. Ce point a globalement séduit Camille qui a trouvé très agréable de pouvoir travailler ses photos très simplement sans connaître les termes techniques de la photo. Très léger défaut, on ne voit pas la superposition des effets lors de la visée. Ainsi, si l’on sature l’image à mort puis règle un arrière plan flou, l’écran affichera le dernier réglage, ce qui peut être trompeur…

Par ailleurs, ce mode permet d’accéder à des conseils pour la réalisation de différents types de photos (comment photographier des enfants, des animaux, des fleurs, etc.) et pour la composition d’une photo (avec des exemples et schéma). Certes, ces conseils ne vont pas très loin : quelques lignes seulement mais ils sont justement très accessibles. On pourra néanmoins regretter qu’il faille aller chercher ces conseils et qu’il ne soit pas possible de les rendre "actifs" au moment où l’on réalise une photo. Après tout dans la mesure où il existe des modes scènes, pourquoi ne pas rendre les conseils apparents lors de la composition de la photo ?

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Un exemple de mise en situation du guide intégré qui permet de pousser facilement la saturation pour ici renforcer les reflets.

 

On notera que pour ce week end, alors qu'une carte de 2Go est suffisante avec un compact, avec l'E-PL1, une carte de 4Go est préférable si vous voulez dépasser les 200 photos et/ou utiliser le format raw. Les fichiers de l'E-PL1 sont en effet plus lourds que ceux d'un compact : la qualité des images a un poids ! Par ailleurs, en utilisation intensive comme ce fût le cas à Venise, on peut compter sur une autonomie de la batterie de deux jours. Au delà, il est plus prudent d'emporter son chargeur. 

 

La qualité d’image

Avec son capteur reflex, la qualité d’image est similaire à celle de l’E-P2 autant dire très bonne ! On est à des années lumière de ce que peut proposer un compact – et le résultat est véritablement visible par tous les utilisateurs, même novices : les images "claquent" plus. Le bruit est bien maîtrisé d’autant plus que les utilisateurs visés se contenteront souvent de tirage de taille "familiale" (11×15, A4, au plus 30×40) ou d’un affichage normal à l’écran. Comme avec l’E-P2, on peut dans ces conditions monter jusqu’à 1600 ISO sans trop craindre pour la qualité de ses photos.

L’E-PL1 embarque lui aussi des filtres artistiques (6 filtres : pop art, soft focus, noir et blanc granuleux, sténopé, diorama, sepia). Ces filtres sont accessibles via la molettes de modes au somment du boîtier ou via le logiciel Olympus Master fourni avec le boîtier.

Comme avec l’E-P2, la mise en œuvre en direct des filtres a des inconvénients : le filtre sélectionné est actif et rend l’affichage de l’image sur l’écran, saccadé, moins confortable donc. Par ailleurs, pour les photographes utilisant le format jpeg, le filtre n’est pas "réversible" et l’on ne pourra donc pas revenir en arrière pour changer de filtre sur la photo prise. Enfin, l’application du filtre "bloque" l’appareil le temps du traitement. Encore une fois, on ne peut que conseiller de travailler en raw et appliquer un filtre a posteriori via le logiciel Olympus Master (il est alors possible de choisir un filtre, de revenir sur son choix, en essayer un autre etc.).

De ce côté, Camille ayant ses habitudes de retouches avec Lightroom, elle n’a pas vraiment été attirée par ces filtres. En revanche, pour celles et ceux qui ne souhaitent ni investir ni s’investir dans ce type de logiciel de traitement, ces filtres se révèlent réellement intéressants, ludiques et utiles.

Quelques photos prises par doubichou utilisant les filtres, respectivement pop-art et sténopé.

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Arbre à poissons Banc de pierre

 

Et voici quelques photos prises par Camille au cours du voyage.

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Conclusion

Pour un utilisateur de compact, l’E-PL1 remplit-il sa mission ?

Clairement, l’E-PL1 ne prend pas l’avantage sur un compact dès que l’on parle budget. Son prix est en effet comparable à celui d’un reflex d’entrée de gamme : l’E-PL1 avec son objectif 14-42/3.5-5.6 est ainsi proposé au prix public de 599 €, soit le prix de lancement du reflex Olympus E-420 et son 14-42/3.5-5.6 en mars 2008.

UPDATE 13.6.2010 : A noter qu’Olympus proposera très prochainement un kit E-PL1 et 14-150/4.0-5.6 au tarif ultra serré de 899 € (voir notre article ICI), bien moins cher que le kit NEX-5 et 18-200 équivalent.

 

S’agissant de l’encombrement, l’E-PL1 reste dans des limites très raisonnables et s’il ne se transportera pas forcément dans une poche de pantalon, il sait néanmoins se faire oublier.

En revanche, l’E-PL1 prend un très net avantage sur n’importe quel compact pour la qualité des images (piqué, hautes sensibilités, dynamique) et la polyvalence, tout en restant très très simple d’utilisation : l’E-PL1 s’utilise vraiment comme un compact, en atteste d’ailleurs son ergonomie. Un novice, avec un minimum de curiosité, pourra ainsi assez vite améliorer ses photos non seulement du fait des performances et des possibilités de l’E-PL1 mais également des possibilités de réglages très simples d’accès et des conseils de composition intégrés.

A cet égard, même si des améliorations sont possibles (AF plus rapide, conseils de composition qu’on pourrait imaginer "actifs" et non "cachés" dans un menu, etc.), on peut considérer que l’E-PL1 est un outil photographique qui pourra effectivement satisfaire des novices souhaitant améliorer leurs photographies tout en conservant leurs habitudes nées de l’utilisation de leur compact.

Pour un utilisateur expert, la conclusion sera différente. Ce n’est pas tant la qualité d’image qui posera problème (au contraire !) que l’ergonomie de compact bien trop figée. En mode A, modifier l’ouverture, compenser l’exposition etc. n’est pas trop problématique : ces paramètres se modifient avec les boutons qui ont même un bon touché. Mais il reste difficile de se passer de molettes et de boutons d’accès direct qui permettent de changer ses paramètres à la volée (pas de touche d'AEL…). L’absence de viseur sera également une gêne, en particulier le soleil dans le dos. Or, un E-PL1 avec un viseur coûte à quelques dizaines d’€ près le même prix qu’un E-P2 avec viseur. Un expert, habitué à l’ergonomie reflex, se tournera donc plus naturellement vers celui-ci.

Tout comme il y a des photographes novices et des experts, la segmentation de la gamme PEN (amateur vs. expert) est bien une réalité !

 

Les détails de la fiche technique sont disponibles en cliquant ICI, sur la page officielle.

Retrouvez notre prise en main en cliquant ICI.

Retrouvez nos deux tests terrain de l’E-P2 ICI (épisode 1) et LA (épisode 2)

Pour l’intégralité de nos tests : suivez ce lien.

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6 Réponses à “Olympus E-PL1 : le test”

  1. [...] par Olympus ont reçu en prêt un Olympus PEN E-PL1 (dont le test est disponible ICI) ainsi qu’un accompagnement et des conseils personnalisés pour travailler sur leur [...]

  2. Udel dit :

    Bravo ! L'analyse est fine et de qualité. De plus, c'est un excellent travail de rédaction !

  3. [...] pouvez retrouver notre test de l'Olympus E-PL1 en cliquant sur ce lien.   0 Commentaires Laisser un [...]

  4. Komm dit :

    Merci Udel!!

  5. [...] le club Olympus qui continue son test en proposant des photos prises en extérieur => http://www.forum-olympus-france.com/presse/19/04/2010/olympus-e-pl1-test-terrain/ Liens relatifs:Olympus Pen-EPL1 mise à jour d’un article C’est Focus Numérique qui [...]

  6. [...] à la très bonne qualité d’image (cf. notre présentation et notre test terrain). Le Micro Zuiko Digital 14-150/4.0-5.6 (équivalent à un 28-300mm) est un nouvel [...]

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