Qu’est-ce que l'E-P2 ?
La présentation et la prise en main de l'Olympus PEN E-P2 en novembre dernier nous avaient laissé une impression gloablement favorable (cf. la prise en mains exclusive de l'E-P2). Toutefois, rien ne vaut l'expérience du terrain pour se faire un avis sur un appareil photo. C'est ce que nous vous proposons dans le présent compte-rendu…
Pour mémoire, l'E-P2 est la deuxième itération du concept micro 4/3 par Olympus. Ce concept (Olympus PEN) a véritablement pris son sens chez Olympus avec l'E-P1 présenté le 16 juin 2009, un boîtier annoncé comme n'étant "ni un compact, ni un reflex" mais emprunte de nombreux éléments à ces deux mondes.
Le micro 4/3 reprend en effet du monde "reflex" la possibilité de changer d'optique et bien entendu le capteur des reflex 4/3. Toutefois, l'absence de cage "reflex" (miroir) a trois conséquences majeures : l'autofocus dont le fonctionnement diffère des reflex, l'absence de visée optique, un encombrement bien plus réduit (en particulier pour les optiques) !
Schéma de principe du µ4/3 (source : Les Numériques)
L'E-P1 empruntait au monde des compacts son mode de visée : dépourvu de viseur, la visée n'est possible que via son écran LCD arrière. Certes, un viseur optique est bien disponible mais il est "fixe" (il ne couvre que le champ du 17mm), ne comporte aucune information relative aux conditions de prise de vue et n'est évidemment pas TTL.
L'E-P2 apporte à cet égard une évolution majeure : son viseur électronique VF-2. S'il affiche la même définition que le Panasonic G1 avec 1,44 millions de pixels, il le surpasse en termes de luminosité et de rendu des couleurs. Par ailleurs, au contraire des Panasonic, ce viseur est dépourvu du fameux effet arc-en-ciel ce qui, pour les personnes qui y sont sensibles est un élément de confort non négligeable. Ce viseur se fixe (ou s'enlève) très facilement sur la griffe du flash et via une connectique au dessus de l'écran. Son grossissement de x1.15 (autant qu'un E-3 !) et sa couverture de 100% en font un viseur d'une taille similaire à celui d'un reflex "expert" mais sur un système autrement plus compact ! Par ailleurs, à la différence d'un viseur optique classique, celui-ci peut afficher l’histogramme et d’autres options de prévisualisation de l’image. Pour les fanas de la mise au point manuelle, il est possible d’affecter un bouton au mode loupe qui permet de grossir l’image pour affiner très précisément la MAP et revenir très vite au cadrage : le rêve ! A noter que ce viseur est également articulé sur un axe horizontal (il pivote sur 90°). Il est bien évidemment relativement volumineux si on le compare à l'encombrement général de l'E-P2 mais l'ensemble reste extrêmement discret. Voici d’ailleurs quelques images pour illustrer l'encombrement de l'ensemble une fois porté au visage.
Doubichou en train de jouer avec le viseur
La prise du viseur permet également de brancher un adaptateur possédant un jack 3,5mm et d'y fixer un micro stéréo. Mais dans ce cas, l'adaptateur/micro se fixant sur la griffe de flash, il ne sera plus possible de monter le viseur électronique sur le boîtier, ni un flash.
Par ailleurs si l'E-P2 reprend dans un boîtier identique à l'E-P1 le même capteur 12 millions de pixels et la même puce (TruePicV), il dispose des nouveautés suivantes :
- d'un nouveau un mode AF tracking (qui permet donc de suivre un sujet en déplacement);
- d'une légère optimisation du module auto-focus par rapport à l'E-P1 (en mode C-AF);
- deux nouveaux filtres créatifs supplémentaires (cross processing et tilt&shift);
- et une fonction i-enhance qui permet de booster une couleur choisie.
Il convient ici de revenir sur les filtres et la fonction i-enhance. Si les premiers sont très décriés, force est de constater qu’ils sont efficaces et pratiques (mais certes pas aussi personnalisables qu’en post-traitement). Les deux nouveaux filtres permettent donc respectivement de simuler un cross-processing à la Knight (diapo dans un traitement C41) et de recréer l’effet obtenu par les objectifs à bascules sur les plans de netteté (effet tilt&shift/maquette). La fonction i-enhance a quant à elle pour effet de rehausser les couleurs du sujet de la photo en laissant l’arrière plan naturel. Cela peut être très utile en portrait par exemple ou en macro.
L’E-P2 conserve en revanche l’écran 230 000 pixels (très bon mais peu défini) et la vidéo à 30i/s en HD720p. A noter que cette dernière peut également être entièrement réglée en manuel (vitesse d’obturation et diaphragme) et que l’enregistrement du son se fait en stéréo. Précision importante : la stabilisation par translation du capteur, identique à celle de l'E-P1, permet de stabiliser les quelques 650 optiques manuelles adaptables sur µ4/3! (il suffit d'indiquer au boîtier, la focale de l'objectif manuel monté).
Enfin, côté prix, l'E-P2 est disponible pour 949€ en boîtier nu, 999€ avec le zoom 14-42 testé ici et 1099€ avec le pancake 17mm f/2.8. A chaque fois, le viseur est fourni.
La démarche de notre test
S'agissant du premier test longue durée réalisé par le forum (Olympus France nous ayant prêté un E-P2 avec son 14-42 pendant une semaine), il nous semble nécessaire en préalable de présenter notre démarche. En effet, plutôt que de faire un test de labo, nous avons préféré procéder à un test terrain qui rendra compte bien plus fidèlement de la vie au quotidien d'un photographe avec son appareil. Nous sommes deux à avoir testé l'E-P2 : moi-même (Komm) pendant 5 jours et Doubichou pendant trois autres. Je vous livre ici ma review, celle de Doubichou viendra peu après. Pourquoi deux review? Parce que nous sommes deux utilisateurs aux applications et matériel actuel différents.
Etant moi-même utilisateur de µ4/3, j'ai pu aussi utiliser mes optiques, à savoir le 20/1.7 Panasonic et le Voigtländer 40/1.4 avec une bague d'adaptation. A cela s'ajoutait le 14-42 prêté par Olympus et j'ai également eu l'opportunité de mettre ce matériel en vis à vis du GH1 de Panasonic et son 14-140 ainsi que face à un Canon G7.
Doubichou est lui utilisateur d'un E-3 avec son 7-14/4.0 et un 50/2.0 ainsi que le 25/1.4 de Pana. Il nous dira également ce qu'il a pensé de l'E-P2 dans ses domaines de prédilections (archi et portrait) là où je me suis plus concentré sur la street.
Un argument de poids : la taille
Pour commencer, voyons donc un avantage principal de ce nouveau PEN : son encombrement. On constate ainsi que l'E-P2 se situe véritablement à mi-chemin : plus gros qu'un G7, il lui ressemble pourtant une fois autour du cou alors que le G1/GH1, de taille plus proche, paraît tout de suite plus gros en situation (plus "reflex" dans sa conception). Cependant, avec son viseur, l'E-P2 est le plus haut de tous. Et puis pour le "fun", rappelons tout de même qu'un OM-2 argentique n'était pas bien gros… et full frame!

De gauche à droite : OM-2, GH1, E-P2, G7

E-P2 versus G7 : l'Olympus se défend bien en termes d'encombrement!
Reste les optiques. Si le 14-42 n'est pas trop encombrant (grâce notamment à sa capacité à se replier en position "voyage"), l'E-P2 est nettement plus déséquilibré avec l'énorme 14-140 Panasonic du GH1!
Voici donc des images à angles de vue à peu près égaux.

L'E-P2 avec son zoom de base 14-42 f/3,5-5,6 en version repliée et dépliée

L'E-P2 avec le zoom 14-45 f/3,5-5,6Panasonic

L'E-P2 avec le superzoom 14-140 f/4-5,8 Panasonic

L'E-P2 avec le 20mm f/1.7 Panasonic

L'E-P2 avec un Voigtlander 40mm f/1.4 en monture Leica M et bague d'adptation
In fine, E-P2 est donc un bon compromis entre qualité d'image (bien supérieure au Powershot) et encombrement (bien inférieur aux reflex classiques).
1er jour
Nous sommes vendredi soir. Je viens de récupérer l'E-P2 et pars dans la foulée faire quelques photos autour de l'Etoile. Une délégation de combattants de Bonnières sur Seine (!) est présente sur les champs et l'E-P2 se prête à merveille à l'exercice. A côté des gros reflex des touristes attroupés, il se montre discret ce qui me permet de ne pas troubler la cérémonie qui se prépare tout en m'approchant au plus près. J'alterne entre le 20mm de Panasonic et le 14-42 d'Olympus. Bien que la foule soit présente et qu'il soit quelque peu difficile de prendre des photos, je me glisse sans encombre au cœur de l'action.
Nos héros
J’entame donc un petit tour de la place de l’étoile avec le 20mm fixé, la lumière baissant. L’E-P2 tient vraiment bien dans la main et on est tout de suite en confiance avec lui. Les réglages sont faciles : une pression sur le bouton central du pad de commande et nous voilà en mesure de choisir les diverses options de photo, du style de l’image au mode Auto-Focus. Pour tout dire, je n’ai eu à rentrer dans les menus détaillés que pour baisser le son de l’appareil. Je programme l’image en RAW. Une grande majorité de photos que vous verrez sont prises en RAW mais je me suis contenté de les convertir éventuellement en noir et blanc ou alors de donner un peu de peps aux couleurs, les retouches sont donc minimes. Lorsque le vignettage a été rajouté, cela est stipulé sous la photo.
La place de l'étoile au soleil couchant : l'E-P2 se fait déjà apprécier
La discrétion de l’appareil est vraiment à tout épreuve, la deuxième photo ci-dessus le montre. Ce monsieur ne m’a même pas remarqué alors que j’étais face à lui et m’a juste souri en passant. L’E-P2 vous fait passer pour un photographe inoffensif, ce qui n’est jamais un mal dans la rue. Au passage, j’en profite pour dire combien le viseur est agréable. Nous avons déjà vanté ses qualités lors de la prise en main de l’E-P2 et je ne reviendrai pas sur cette incroyable qualité d’image. Mais la lumière tombant, un autre avantage de la visée électronique apparaît : le manque de luminosité est automatiquement compensé par une augmentation de la sensibilité du viseur. Ainsi, de nuit, on peut s’amuser à cadrer le plus précisément du monde et presque comme en plein jour si l’on excepte le fourmillement intensif qui apparait à mesure que la luminosité baisse. Dans tous les cas, il permet de faire beaucoup plus qu'un viseur de reflex classique puisqu'on peut afficher l'histogramme, zoomer pour parfaire la mise au point tout en étant clair et réaliste. Seul petit défaut à mon goût : il est encore un peu trop contrasté lors de situations qui mettent à rude épreuve la dynamique de l'appareil.
2ème jour
Aujourd’hui, c’est samedi! Un jour parfait pour la photographie! Une petite balade dans le quartier latin me donne l’occasion de faire quelques photos. Il fait toujours aussi froid mais votre serviteur se sacrifie
. Le soir, alors que la nuit est tombée, j’en profite pour tester le fameux filtre «noir et blanc granuleux» vers Odéon. Le résultat est contrasté, très violent mais très agréable également (cf. dernière photo ci dessous). On peut aussi viser au format carré, avantage non négligeable du viseur électronique. De ce point de vue, c'est un vrai plus et une vraie aide au cadrage. A noter qu'en mode RAW, l'image n'est coupée que dans le viseur, le fichier RAW restant en plein format.
Balade dans le quartier latin
Essai du filtre "noir et blanc contrasté" pour la dernière
A l’issue de cette journée, l'E-P2 m'a vraiment montré l'avantage de la taille : il tient dans une poche de manteau, on peut donc l'emporter un peu partout sans y penser et "dégainer" au moment choisi. Je regretterais simplement la mise sous tension un poil lente, ce qui doit être dû au nettoyage du capteur. Il serait peut-être préférable qu’il s’effectue à la mise hors-tension plutôt qu’à la mise sous-tension. En parlant de nervosité, j’en profite pour préciser un point important quant à l’auto-focus. Très décrié, je ne l’ai pas trouvé beaucoup plus lent qu’un Panasonic par exemple. En fait, on a l’impression qu’il est lent mais il ne l’est pas. Contrairement au Panasonic qui amène directement le point là où il faut (ou presque), l’Olympus «pompe» un peu plus autour du point. Mais parallèlement, les mouvements sont effectués beaucoup plus rapidement, du coup le résultat est à peu près le même. Il faudra voir aussi si cette soi-disante lenteur n’est pas dû aux optiques Olympus vu que je parle là de comparaison avec le 20mm. Avec cet objectif et à F/1.7, l’AF est sensiblement égal à celui de Panasonic et tout aussi précis. Beaucoup plus qu’un dispositif classique à détection de phase comme sur les réflex. Bref, rien de bien inquiétant, on se situe au niveau d’un réflex d’entrée de gamme, la précision en plus.
Et au passage, un petit test à 6400 ISO : Quel beau grain!
3ème jour
En ce dimanche 14 février j’aurais pu vous gratifier de photos de gens qui s’embrassent mais c’est pas de chance, j’ai préféré aller au défilé du Nouvel An chinois. C’est mon côté romantique. Il fait toujours aussi froid mais le soleil pointe le bout de son nez. Génial, je chausse le 14-42 et pars en vadrouille. Arrivé, sur place je regrette un peu, ça bouge beaucoup et je dois travailler à 2000 ISO pour maintenir une vitesse proche des 1/500ème – 1/1000ème. Du coup je shoote en RAW car nous voici perpétuellement à la limite de la surexposition (un simple bout de ciel suffit). J’ai eu quelques écarts en plein soleil mais dans la ruelle sombre, tout s’est passé pour le mieux! Les couleurs tapant dans l’œil sont un véritable délice et montrent à merveille la bonne ambiance du défilé.
Le défilé du Nouvel An chinois dans le Marais – un léger vignettage a été rajouté en post-traitement
Par ailleurs j’en ai profité pour tester un peu le mode vidéo. Si la qualité est très bonne (720p, c’est à dire haute définition standard), le mode vidéo connaît deux écueils : d’une part l’auto-focus a tendance à perdre puis rattraper le point de manière un peu anarchique et d'autre part le faible poids de l’appareil engendre des tremblements que le stabilisateur (numérique en vidéo) ne peut compenser. Si ce dernier défaut pourra aisément être réglé par un trépied, le premier n’a qu’une seule solution : la mise au point manuelle. Nous ne sommes pas ici au niveau de fluidité d’un caméscope classique. Mais comme ce n’est pas la fonction première de l’appareil est-ce vraiment si important?
Cliquez ici pour voir la vidéo
4ème jour
Cette fois-ci je vais à la Défense en fin d'après-midi et j'en profite pour prendre avec moi le zoom 14-45 Panasonic stabilisé par MEGA OIS incorporé. Le but est double : voir si la stabilisation optique du zoom fonctionne avec l'E-P2 et si l'AF est plus rapide. Ainsi, on peut dire que le Zuiko pompe beaucoup plus que le zoom Panasonic et fait également beaucoup plus de bruit (comme en photo). Ainsi je confirme mes impressions du 2ème jour, ce n'est pas l'E-P2 qui est en cause mais plus le 14-42 dont la construction est par ailleurs très cheap (on à l'impression qu'on va le casser à chaque fois qu'on s'en sert) et l'ouverture bien chiche. Le bruit généré par la mise au point du zoom n'est pas gênante en photo mais beaucoup plus en vidéo pour le micro.
Autre test intéressant à faire : tester le stabilisateur du zoom Panasonic. En effet, en vidéo, l'E-P2 utilise un stabilisateur numérique uniquement alors que celui du Panasonic est optique. Eh bien celui-ci n'a pas l'air de marcher en vidéo… on se retrouverait face à des techniques propriétaires. Les trois vidéos ci-dessous (filmées au même moment et au même endroit) montrent dans l'ordre une vidéo avec le 14-42 Zuiko, une avec le 14-45 Panasonic stabilisateur activé et une dernière sans le stabilisateur. Ainsi, on constate facilement que les deux dernières ne présentent pas de différences notables malgré le fort vent, il faudrait donc penser que la stabilisation Panasonic ne fonctionne que sur les modèles de la marque (dont aucun n'intègre la stabilisation dans le boîtier). Rien de surprenant ici, il en est de même en mode photo.
Par ailleurs, j'en profite pour faire quelques tests des différents filtres artistiques. Ainsi, on peut voir ci-dessous que si le filtre diorama (qui recrée l'effet d'un objectif à bascule en modifiant le plan de netteté) est assez efficace (surtout avec la Défense pour modèle), il n'en est pas de même pour le filtre cross-processing qui est un peu trop violent et peu naturel à mon goût. Mais cela doit surtout être dû à l'environnement très uniforme de la Défense qui ne permet pas de créer de fortes variations de couleur…
Les filtres diorama et cross-processing
Si les autres filtres sont assez légers, il en est un qui a retenu mon attention, c'est le noir et blanc contrasté. Vous verrez aisément ci-dessous qu'il peut être parfois trop violent au niveau des noirs. Cependant, si vous regardez la dernière image de la galerie ci-après, vous pouvez constater qu'on obtient un noir et blanc magnifique, proche d'un résultat argentique. Le grain est parfait et l'image bien contrasté. Ainsi donc, les filtres ne sont pas universels mais ils fonctionnent parfois très bien. Tout dépend des conditions, le noir et blanc contrasté sera très bien dans une scène ou les nuances ne sont pas trop présentes (au risque d'être immédiatement noircies sans pitié) et où la scène est finalement assez éclairée. Les exemples ci-dessous le montre en juxtaposant la photo traitée en douceur dans Lightroom et la version brute de boîtier. J'en profite pour dire que vous pouvez aussi bien shooter en RAW+JPEG avec filtre ou en JPEG avec filtre uniquement. Enfin, dernière précision nécessaire, ces filtres immobilisent l'appareil pendant une bonne trentaine de secondes, le temps de traiter l'image et c'est peut-être là leur plus gros défaut. Si on apprécie leur présence, Olympus pourrait fort bien les réserver au traitement sur ordinateur et ne pas encombrer outre mesure l'appareil. Ils sont conçus pour un public très large qui n'est peut-être pas celui visé par l'E-P2 qui préfèrerait sûrement une rapidité encore accrue. Mais on pourrait fort bien rétorquer – et à juste titre – que celui qui ne veut pas les utiliser ne les utilise pas
.
Les deux premières photos montrent la même photo, à droite avec le filtre "noir et blanc contrasté et à gauche retraitée dans Lightroom. Le traitement peut donc s"avérer très destructif ou alors, dans un cas plus favorable (tout à droite), très réussi.
Un joli coucher de soleil
5ème jour
Aujourd'hui il fait beau. C'est suffisamment extra-ordinaire en ces temps pour être précisé
Du coup j'en profite pour faire la liaison La Motte Picquet – Trocadéro à pied. Cette fois ci je me contente du 40mm f/1.4 Voigtlander. La photo ci-dessous vous le montre : l'ensemble est redoutablement petit!
L'E-P2 avec le 40mm f/1.4 Voigtlander et une bague d'adaptation
Alors quoi de bien intéressant aujourd'hui. Eh bien j'ai voulu me servir de l'E-P2 comme je me sers habituellement de mes appareils photos, c'est à dire pour saisir la vie de la rue. En plus, le temps étant beau, cela s'y prêtait tout à fait. Le bruit de déclenchement étant faible, je peux sans problème m'approcher des sujets. Je croise quelqu'un avec un Leica qui regarde avec curiosité l'E-P2 que j'ai autour du cou. Comme quoi, même les Leicaïstes sont intéressés, c'est dire .gif)
Associé au 40mm f1.4 de chez Voigtlander, l'E-P2 est très agréable en balade.
Profitant du fort ensoleillement, je teste la résistance au contre-jour. On oublie donc cinq minutes durant la monstrueuse sensibilité au flare du Voigtlander et on regarde les hautes lumières. Ce que vous voyez là a été à peu près rattrapé grâce au RAW, mais en règle général, le capteur du E-P2 (le même que celui des E-620/E-30) a toujours cette tendance à bruler sec les hautes lumières. Il vaut mieux donc nettement sous-exposer puis rehausser après, ce qui ma foi ne fonctionne pas si mal. Les deux images ci-dessous ont été prises avec les deux techniques évoquées ci-avant, reste à voir ce que l'on veut privilégier dans l'image. A chaque fois, j'ai fait ce que j'ai pu en traitement avec Lightroom, mais clairement, les limites apparaissent.
A gauche, la méthode "on essaie de rattraper les hautes lumières à partir d'une exposition normale", à droite, la méthode "on expose sur le ciel et on rehausse les teintes sombres après". A vous de voir laquelle vous donne satisfaction
En fin de journée, je passe par le bois de boulogne à la lumière tombante. Les couleurs sont magnifiques, on dirait l'été indien! Alors j'en profite pour shooter et les images ci-dessous ne sont presque pas retouchées! Je n'ai même pas eu besoin de rehausser les couleurs!
Quel plaisir de shooter au coucher du soleil .gif)
Alors on le garde ou pas?
Après ces quelques jours passés quasiment non-stop avec l'E-P2 (j'ai failli dormir avec
), la question du sentiment final se pose donc…
Eh bien je dirais que tout dépend des usages… et des moyens! En soi, l'E-P2 est un excellent appareil à l'ergonomie étudiée et à la qualité d'image tout à fait digne d'un reflex (peut-être n'est-ce pas un Nikon D3s mais ce n'est pas ce qu'on lui demande). La seule chose qui m'a vraiment énervé est en fait le viseur externe (dont la molette de correction dioptrique a d'ailleurs tendance à se dérégler facilement). On ne peut qu'enrager qu'un aussi bon viseur n'ait pas été intégré au boîtier à la manière d'un Leica M, quitte à avoir un écran plus petit (personnellement je me fiche de l'écran, si l'on pouvait le supprimer, je ne serai pas gêné du tout). Car l'E-P2 a son public : les amateurs de discrétion mais aussi tous ceux qui ne veulent pas transporter tous les jours leur imposant reflex. Dès lors, ce genre de petits défaut vient gâcher un beau bilan. D'autant que l'on a du mal à situer l'E-P2 : pro ou grand public? Il est grand public par ses filtres artistiques, son clinquant "Olympus Pen since 1959" (non mais franchement, ce n'est pas un grand vin!) ou encore, bien plus gênant, son absence de parc optique pro (pour le moment) alors que le viseur exceptionnel, les deux molettes de réglage et la qualité d'image poussée (le problème des hauts zisos semble définitivement réglé) rappellent le monde pro. Nous ne saurions trop demander à Olympus de développer deux gammes bien distinctes : les pros qui ont besoin d'un E-P2 moins clinquant, moins bijou et surtout de zooms et, encore plus important étant donné la taille de l'appareil, de fixes d'exception (12-60/2-2,8 ; 50-200/2,8-3,5 ; 17/2 ; 25/1.4; 40/1,2 et pourquoi pas un 30/.95?). Malgré tout le boîtier en lui-même ne souffre pas de reproche majeur et force est de constater qu'il contient tout ce qu'il faut pour exploiter les capacités futures du système µ4/3.
Dès lors, il faut bien définir son utilisation. Ainsi, pour qui veut un appareil compact ayant toutes les qualités d'un grand (soit un possesseur de reflex classique qui trouve celui-ci trop lourd, soit un possesseur de compact qui veut "monter en grade"), cet E-P2 est tout indiqué s'il est conscient des limites – actuelles – de l'objet alors que pour celui qui a déjà investit dans le µ4/3 (ou alors dans un E4xx ou E6xx), la réponse est moins évidente… L'E-P2 apportera certes un viseur plus confortable et/ou une taille plus à son avantage mais cela justifie-t-il un tel investissement? La réponse est entre vos mains et celles de votre banquier
NOTE TO OUR ENGLISH SPEAKING FRIENDS : Do not hesitate to leave us a comment or ask a question. We'll be pleased to answer you!
Merci à Olympus France et à l'agence C'est dit, c'est écrit pour leur accueil chaleureux et le prêt du matériel.









































[...] UPDATE: They also have a blog here: http://www.forum-olympus-france.com/presse/08/03/2010/test-exclusif-de-le-p2/ [...]